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Guide pratique

Comment supprimer un avis insultant ?

Un client mécontent a le droit de dire qu’il a été mal servi. Il n’a pas le droit d’insulter le personnel ou le dirigeant. Entre les deux, la frontière n’est pas toujours évidente : un avis grossier n’est pas forcément injurieux au sens de la loi, et un avis poli peut contenir une attaque personnelle. Voici comment s’y retrouver et agir.

Publié le 5 min de lectureRédaction RÉPUTATION

L’essentiel

Un avis insultant peut être contesté sur deux fondements : les règles de Google, qui interdisent le harcèlement, les propos injurieux et les attaques personnelles, et la loi du 29 juillet 1881, qui définit l’injure comme toute expression outrageante, terme de mépris ou invective ne renfermant l’imputation d’aucun fait. La contestation doit citer les termes exacts et expliquer en quoi ils dépassent la simple critique.

Qu’est-ce qu’une injure au sens de la loi ?

Injure (loi du 29 juillet 1881, art. 29, al. 2)
Toute expression outrageante, terme de mépris ou invective qui ne renferme l’imputation d’aucun fait.

L’injure se distingue de la diffamation par l’absence de fait précis. Dire « le gérant est un escroc qui a volé ma caution » impute un fait vérifiable : c’est plutôt de la diffamation. Dire « le gérant est un abruti » n’impute aucun fait : c’est une injure. La différence est développée sur notre page consacrée aux avis Google diffamatoires.

Un avis Google étant accessible à tous, l’injure qu’il contient est en principe une injure publique, régie par la loi du 29 juillet 1881. La protection vise les personnes, physiques ou morales : le dirigeant, un salarié identifiable, mais aussi l’entreprise elle-même dans certaines conditions.

Ce que Google interdit

Indépendamment de la loi, les règles de Google Maps interdisent le harcèlement, l’intimidation, les attaques personnelles, les discours haineux et les contenus obscènes ou injurieux. Ces règles sont parfois plus larges que la loi : Google peut retirer un avis grossier même s’il ne constituerait pas une injure pénalement poursuivie.

  • Attaques visant une personne nommée ou identifiable (« la serveuse blonde », « le fils du patron »).
  • Termes dégradants liés à l’origine, la religion, le sexe, l’orientation sexuelle, le handicap ou l’âge, qui relèvent en outre des discours haineux ou discriminatoires.
  • Grossièretés et obscénités adressées à quelqu’un.
  • Menaces, même voilées.

Où passe la frontière ?

Critique, injure ou diffamation : exemples indicatifs
FormulationQualification probableApproche
« Prestation bâclée, je ne reviendrai pas »Critique légitimeRépondre, pas de contestation
« Accueil glacial, vendeuse désagréable »Critique, même personnelleRépondre ; contestation peu fondée
« Le coiffeur est un incapable et un crétin »Injure (terme de mépris visant une personne)Contestation : règles Google et injure
« Bande de voleurs, ils facturent des réparations fictives »Diffamation (fait précis imputé)Contestation, éventuellement voie juridique
Insulte à caractère raciste ou sexisteInjure aggravée, discours haineuxContestation prioritaire, avocat pour une plainte

Ces qualifications sont indicatives : le contexte compte (ironie, ensemble du texte, personne visée), et seul un juge peut qualifier définitivement des propos. Google, lui, applique ses propres règles.

Comment demander le retrait ?

  1. Capturer l’avis intégralement, avec la date et le nom du profil.
  2. Repérer les termes exacts qui posent problème et la personne visée.
  3. Signaler l’avis via les outils de Google en choisissant le motif adapté (harcèlement, propos injurieux, discours haineux).
  4. Si l’avis n’est pas retiré, déposer une contestation motivée qui cite les termes, la règle de Google et, le cas échéant, la qualification d’injure ; la demande pour motif juridique est l’outil adapté pour l’argument légal.
  5. En cas de refus, envisager les recours disponibles.
Exemple · Exemple : un institut de beauté et une esthéticienne visée

Un institut de beauté reçoit un avis qui, après avoir critiqué un soin, traite l’esthéticienne, désignée par son prénom, de « grosse incompétente ». La critique du soin est légitime ; l’attaque personnelle ne l’est pas. La contestation cite précisément ces mots, rappelle la règle de Google contre les attaques personnelles et le harcèlement, et souligne que la salariée est identifiable. Si Google ne retire que partiellement, l’auteur reste libre de republier une critique sans insulte.

Faut-il répondre à un avis insultant ?

Une réponse n’est pas obligatoire, et elle ne doit jamais reprendre le ton de l’auteur. Si vous répondez, une phrase sobre suffit, par exemple pour indiquer que les propos visant un membre de l’équipe ne sont pas acceptables et que vous restez disponible pour échanger sur la prestation. Évitez de répéter les insultes dans votre réponse.

Les délais à surveiller

Pour Google, un avis insultant peut être signalé à tout moment. En revanche, l’action judiciaire pour injure publique se prescrit en principe par trois mois à compter de la première publication (loi de 1881, art. 65). Si une plainte est envisagée, il faut donc agir vite et consulter un avocat sans attendre l’issue de la contestation auprès de Google.

RÉPUTATION analyse gratuitement l’avis, dépose une contestation motivée par les canaux officiels de Google et ne facture qu’en cas de suppression effective. Le processus complet est décrit sur notre page supprimer un avis Google.

Questions fréquentes

Un avis grossier est-il forcément supprimé ?

Non. Google retire les contenus injurieux ou les attaques personnelles, mais un juron isolé dans une critique de prestation n’est pas toujours considéré comme tel. Tout dépend des termes, de la personne visée et du contexte.

Une entreprise peut-elle être injuriée, ou seulement des personnes ?

La loi de 1881 protège les personnes physiques et morales. En pratique, les insultes visant une personne identifiable (dirigeant, salarié) sont celles que Google retire le plus volontiers au titre du harcèlement et des attaques personnelles.

Peut-on faire retirer seulement la partie insultante de l’avis ?

Google ne modifie pas le texte d’un avis : il le maintient ou le retire en entier. Seul l’auteur peut le modifier. Si l’avis est retiré, l’auteur peut republier une critique sans insulte.

Que faire si l’insulte est raciste, sexiste ou homophobe ?

Ces propos relèvent à la fois des règles de Google sur les discours haineux et d’infractions aggravées. Le signalement doit être prioritaire, et une plainte peut être envisagée avec un avocat dans le délai de prescription applicable.

Le délai de trois mois s’applique-t-il à la demande auprès de Google ?

Non. Ce délai concerne l’action en justice. La contestation auprès de Google n’est pas soumise à ce délai, mais elle ne l’interrompt pas non plus.

Sources officielles

Dernière mise à jour : . Contenu d’information générale, ne constituant pas un conseil juridique individuel.

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Transmettez-nous le lien. Nous l’analysons gratuitement et vous indiquons si une contestation est fondée. Vous ne payez qu’en cas de suppression effective.