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Secteur · Médecins

Supprimer un avis Google abusif sur votre cabinet médical

Un médecin est soumis au secret médical et à une déontologie stricte : il ne peut ni confirmer qu’une personne est sa patiente, ni discuter publiquement d’un diagnostic. Face à un avis Google injuste, il est donc privé de la défense la plus naturelle — expliquer sa version. C’est précisément pourquoi la contestation auprès de Google prend ici une place particulière.

L’essentiel

Un avis Google visant un médecin peut être contesté lorsqu’il est rédigé par une personne qui n’a pas été patiente, qu’il accuse le praticien d’une faute grave sans fondement, qu’il contient des injures ou qu’il expose des données de santé de tiers. Le médecin ne peut pas répondre en révélant des informations sur le patient : le secret médical s’applique aussi en ligne.

Pourquoi les avis Google comptent pour un médecin

De nombreux patients cherchent un médecin généraliste ou spécialiste sur Google Maps avant de prendre rendez-vous, notamment lorsqu’ils viennent d’emménager ou qu’ils cherchent un praticien disponible. La fiche affiche une note et des commentaires qui donnent une première impression, souvent sans rapport avec la qualité médicale des soins.

Beaucoup de fiches de cabinets médicaux existent sans que le praticien les ait lui-même créées : elles sont générées à partir de données publiques ou suggérées par des utilisateurs. Le médecin découvre alors des avis sur un profil qu’il ne gère pas. Il peut en revendiquer la gestion, ce qui facilite le suivi des signalements.

Le secret médical change la manière de se défendre

Secret médical
Obligation, pour le médecin, de taire tout ce qu’il a appris, vu ou compris dans l’exercice de sa profession. Il est prévu par le code de déontologie médicale intégré au Code de la santé publique (article R.4127-4) et couvre jusqu’à l’existence même de la relation de soins.

Concrètement, un médecin ne doit pas écrire en réponse « vous êtes venu le 3 mars pour une douleur au genou » ni même « je ne vous ai jamais reçu » d’une manière qui révélerait indirectement qui est ou n’est pas patient. Le fait que le patient ait lui-même publié des informations sur sa santé ne libère pas le médecin de son secret. Une réponse maladroite peut exposer le praticien à une plainte devant les instances ordinales.

Avis problématiques fréquents pour un cabinet médical

  • L’accusation de faute grave : « Ce médecin a raté le diagnostic de mon fils, c’est un danger public » — affirmation précise, invérifiable publiquement, et que le praticien ne peut pas réfuter.
  • L’avis du non-patient : une personne qui n’a pas obtenu de rendez-vous, un proche qui n’a pas assisté à la consultation, ou un internaute qui réagit à un article de presse.
  • Le refus d’arrêt de travail ou de prescription : « Il refuse les arrêts, médecin incompétent » — souvent une opinion, parfois accompagnée d’accusations personnelles.
  • Les données de santé d’un tiers : un avis qui mentionne la pathologie d’un autre patient croisé en salle d’attente.
  • Les propos discriminatoires visant l’origine, le genre ou la religion du praticien ou de son secrétariat.
Exemple · Exemple illustratif — un médecin généraliste à Rennes

Une généraliste reçoit un avis : « Médecin dangereuse, elle a prescrit un médicament qui a failli tuer ma mère ». Elle ne peut pas répondre sur le cas, ni dire si la personne citée est sa patiente. L’avis impute une faute médicale grave sans élément ; c’est le type de contenu pour lequel une contestation motivée, au titre de la diffamation et des règles de Google, mérite d’être examinée.

Critique légitime ou atteinte : la ligne de partage

Un patient peut critiquer les délais d’attente, la difficulté à obtenir un rendez-vous, la brièveté de la consultation, l’accueil téléphonique ou le sentiment de ne pas avoir été écouté. Ces avis, même durs, relèvent de l’opinion et sont protégés. Le désaccord avec un refus de prescription est lui aussi une opinion.

L’avis devient contestable lorsqu’il affirme un fait précis et grave portant atteinte à l’honneur (erreur médicale, maltraitance, fraude à l’Assurance maladie), lorsqu’il insulte, lorsqu’il ne repose sur aucune consultation ou lorsqu’il expose des informations de santé d’une autre personne. Les avis visant le secrétariat nommément relèvent aussi de la protection des données personnelles. Pour la distinction générale, voir supprimer un avis négatif.

Les motifs les plus pertinents

Contenu de l’avisFondement possible
Accusation d’erreur médicale grave sans élémentDiffamation, règles Google sur le contenu trompeur
Auteur qui n’a jamais consultéAbsence d’expérience réelle
Pathologie d’un autre patient mentionnéeDonnées de santé (RGPD, données sensibles)
Insultes ou propos discriminatoiresInjure, discours haineux (règles Google)
Avis d’un confrère concurrentConflit d’intérêts

Les données de santé font partie des catégories particulières de données protégées par le RGPD. Notre guide RGPD et avis Google détaille quand ce fondement est utilisable.

Déontologie : ce que le médecin doit éviter

Au-delà du secret, la déontologie médicale encadre la communication du praticien. Solliciter massivement des avis positifs auprès de ses patients ou publier des avis complaisants peut poser question au regard des règles professionnelles, et constituerait par ailleurs une pratique commerciale trompeuse. La seule voie saine reste de faire retirer les contenus illicites et de laisser subsister les critiques sincères.

Avant toute action judiciaire (plainte, assignation, demande de levée d’anonymat), il est recommandé de consulter un avocat et, le cas échéant, de prendre l’attache de votre conseil départemental de l’Ordre des médecins.

Que publier en attendant ?

Une réponse générique, identique dans sa structure pour tous les avis, protège le secret : « Le secret médical ne nous permet pas de commenter une situation individuelle. Nous vous invitons à contacter le cabinet si vous souhaitez échanger. » Ne laissez pas votre secrétariat répondre sous le coup de l’émotion. D’autres pistes figurent dans notre guide répondre à un avis négatif.

Notre intervention et notre tarif

Nous analysons gratuitement l’avis sans avoir besoin d’aucune information médicale : la contestation repose sur le texte publié, les règles de Google et le droit applicable, jamais sur le dossier du patient. Si un motif sérieux existe, nous déposons une contestation motivée par les canaux officiels, discrètement et sans contacter l’auteur. Aucun paiement préalable ; des honoraires ne sont dus que si l’avis est supprimé (voir nos tarifs). Le délai observé est souvent de 5 à 10 jours ouvrés, sans garantie ; Google décide seul.

Questions fréquentes

Puis-je répondre à un patient que je ne l’ai jamais reçu ?

C’est risqué : confirmer ou démentir la qualité de patient peut révéler une information couverte par le secret médical. Préférez une réponse générique indiquant que vous ne pouvez commenter aucune situation individuelle.

Le patient a lui-même publié son diagnostic dans l’avis. Puis-je en parler dans ma réponse ?

Non. Le fait que le patient divulgue ses propres informations ne délie pas le médecin du secret médical. La réponse doit rester générale.

Un avis me reproche de refuser un arrêt de travail. Est-il supprimable ?

En principe non, s’il exprime un désaccord ou une déception : c’est une opinion. Il peut être contesté s’il contient des insultes, des accusations précises infondées ou des propos discriminatoires.

Je n’ai pas créé ma fiche Google. Puis-je quand même agir ?

Oui. Vous pouvez revendiquer la fiche pour la gérer, et un avis peut être contesté même sur une fiche que vous n’administrez pas, par les formulaires de signalement ou de demande juridique de Google.

Dois-je transmettre des informations médicales pour que vous analysiez l’avis ?

Non, et vous ne devez pas le faire. Notre analyse porte uniquement sur le contenu publié et sa conformité aux règles de Google et au droit applicable. Aucune donnée de patient n’est nécessaire.

Un avis met en cause nommément ma secrétaire médicale. Que faire ?

Un avis qui attaque personnellement une salariée identifiable peut être contesté au titre du harcèlement ou des données personnelles, surtout s’il comporte des remarques sur sa personne plutôt que sur l’accueil du cabinet.

Sources officielles

Dernière mise à jour : . Contenu d’information générale, ne constituant pas un conseil juridique individuel.

Un avis vous semble abusif ? 

Transmettez-nous le lien. Nous l’analysons gratuitement et vous indiquons si une contestation est fondée. Vous ne payez qu’en cas de suppression effective.