Pourquoi les avis Google comptent pour un cabinet d’avocat
Une personne confrontée à un divorce, un licenciement ou un litige cherche souvent « avocat » et le nom de sa ville sur Google. Elle n’a généralement aucun repère pour juger de la compétence juridique : la note, la tonalité des avis et la réactivité perçue deviennent des critères de choix. Un cabinet récent ou individuel, avec peu d’avis, est particulièrement exposé à un seul commentaire négatif.
Les auteurs d’avis spécifiques à la profession
- La partie adverse : « Avocat malhonnête qui ment au tribunal » publié par la personne contre laquelle le cabinet a plaidé.
- Le proche ou l’ex-conjoint : dans les affaires familiales, l’ex-conjoint du client attaque l’avocat de l’autre partie.
- Le client déçu par la décision : la perte d’un procès n’est pas en soi imputable à l’avocat, mais elle nourrit des avis très durs.
- Le litige d’honoraires : « Il m’a facturé 4 000 € pour rien » au moment d’une contestation de note d’honoraires.
- La personne non reçue : un appel pour un premier rendez-vous non rappelé, ou une consultation refusée pour conflit d’intérêts.
Un cabinet défend une entreprise dans un litige prud’homal. Après l’audience, le salarié publie : « Avocat véreux, a produit de fausses attestations ». L’auteur n’a jamais été client ; il est la partie adverse et impute au praticien un fait pénalement qualifiable. Le cabinet ne peut évidemment pas discuter le dossier en ligne. L’avis peut être contesté pour conflit d’intérêts et pour diffamation.
Secret professionnel : ce que l’avocat ne peut pas écrire
- Secret professionnel de l’avocat
- Obligation générale et absolue, prévue par la loi du 31 décembre 1971 et précisée par les règles déontologiques de la profession, qui couvre les consultations, les correspondances, les pièces du dossier et jusqu’à l’existence même de la relation avec le client.
Concrètement, l’avocat ne peut pas répondre « vous avez perdu parce que vous n’avez pas fourni les pièces demandées », ni confirmer que l’auteur a été son client. Il ne peut pas non plus, face à la partie adverse, rappeler les faits du litige. Une réponse qui méconnaîtrait ce secret exposerait le praticien à des poursuites disciplinaires. Les règles de déontologie de la profession encadrent aussi la communication de l’avocat, qui doit rester digne et loyale, y compris en ligne.
Critique légitime ou attaque abusive ?
Un client peut reprocher à son avocat d’être difficile à joindre, de ne pas l’avoir tenu informé, de lui avoir présenté des chances de succès trop optimistes ou de facturer cher. Ce sont des critiques sur le service rendu, protégées par la liberté d’expression, même si elles vous semblent injustes au vu du dossier.
Sont en revanche contestables : l’avis d’une personne qui n’a jamais été cliente et dont l’intérêt est opposé (conflit d’intérêts), l’imputation précise et infondée d’une faute grave (faux, détournement de fonds, collusion avec l’adversaire), l’injure et les propos discriminatoires. Notre guide sur les limites de la liberté d’expression détaille ce point.
Motifs de contestation les plus fréquents
| Auteur / contenu | Motif possible |
|---|---|
| Partie adverse ou son entourage | Conflit d’intérêts, absence d’expérience client |
| Accusation de faux, de vol, de trahison du client | Diffamation (loi de 1881) |
| Injures, propos sur l’origine ou le genre | Injure, discours haineux |
| Confrère concurrent | Conflit d’intérêts, dénigrement |
| Mention de l’affaire d’un tiers nommé | Données personnelles, vie privée |
Avis publiés en cours de procédure
Les avis de la partie adverse apparaissent souvent à un moment précis : juste après une audience, la signification d’un jugement ou une mesure d’exécution. Ce calendrier est un indice utile pour la contestation. Il impose aussi de la prudence : toute réaction publique risque d’être versée au débat. En matière de diffamation, le délai de prescription de trois mois court à compter de la première publication ; si une action judiciaire est envisagée, elle doit être décidée rapidement.
Ce que nous faisons — et ce que vous faites vous-même
RÉPUTATION n’est pas un cabinet d’avocats : notre intervention se limite à l’analyse de conformité de l’avis aux règles de Google et au droit applicable, et au dépôt d’une contestation motivée auprès de Google. Pour une action judiciaire (plainte, assignation, levée d’anonymat), vous êtes évidemment à même de l’engager vous-même ou de mandater un confrère, d’autant qu’agir pour son propre compte expose à des difficultés d’objectivité.
Notre intérêt pour un cabinet est surtout pratique : une démarche discrète, sans contact avec l’auteur — ce qui est essentiel lorsqu’il est une partie adverse —, et une connaissance des critères de Google qui diffère de l’analyse juridique pure. Voir notre guide pourquoi Google refuse de supprimer un avis.
Répondre sans méconnaître le secret
La réponse prudente est identique pour tous les avis : « Tenu au secret professionnel, je ne peux commenter aucune situation. Je reste à disposition par les voies habituelles. » Évitez toute allusion à l’issue d’une procédure. Plus de conseils dans répondre à un avis négatif.
Process et honoraires
L’analyse initiale est gratuite et ne requiert aucune pièce couverte par le secret : seul le texte publié est examiné. En cas de motif sérieux, nous déposons une contestation motivée par les canaux officiels de Google. Vous ne payez rien d’avance ; des honoraires ne sont dus qu’en cas de suppression effective, à partir de 289 € HT par avis et de façon dégressive (voir tarifs). Délai indicatif souvent constaté : 5 à 10 jours ouvrés, sans engagement ; Google décide seul.
Questions fréquentes
La partie adverse peut-elle laisser un avis sur mon cabinet ?
Puis-je répondre qu’une personne n’a jamais été ma cliente ?
Un client conteste mes honoraires dans un avis. Est-il supprimable ?
Pourquoi passer par RÉPUTATION plutôt que de signaler moi-même l’avis ?
Un avis mentionne le nom de mon client et les faits de son affaire. Que faire ?
Sources officielles
Dernière mise à jour : . Contenu d’information générale, ne constituant pas un conseil juridique individuel.